Un jet intercontinental aux trois-quarts vide fait l’aller-retour Genève-Lyon trois fois par semaine…

Les riverains de l’aéroport reconnaissent bien le bruit particulier, tout en basses fréquences, de l’A350 d’Ethiopian, qui les empêche de s’endormir le soir en décollant ou lorsque son atterrissage les réveille au petit matin. La compagnie dispose effectivement du droit exceptionnel de décoller tard le soir – le plus souvent entre 22h et 23h, au prétexte qu’elle exploite un vol long-courrier avec un appareil de la dernière génération, censément moins bruyant.

Mais ce que peu de gens savent, c’est que, depuis le 2 juillet, 3 fois par semaine, cet énorme long-courrier poursuit sa route vers l’aéroport voisin1 de Lyon-Saint-Exupéry (et en revient quelques heures plus tard), alors qu’auparavant, il continuait sur Manchester ou Bruxelles.

C’est ainsi que, 3 fois par semaine, après avoir débarqué la majorité de ses passagers liés aux organisations internationales, l’énorme A350-900 (340 places, 142 tonnes à vide) grille entre deux et quatre tonnes de carburant uniquement pour le décollage et la phase ascensionnelle avant de se poser à Lyon une vingtaine de minutes plus tard (le temps de vol pouvant doubler en fonction de l’orientation des vents.

Et le matin suivant, rebelote, le même avion balance à nouveau 3 tonnes de carburant dans le ciel Lyonnais pour réveiller ses riverains aux alentours de 6h et atterrir au dessus des toits de Vernier ou Genthod quelques minutes plus tard.

L’estimation de la quantité de carburant consommée a été faite par l’IA Euria. Elle arrive à environ 6500 kg de kérosène (hors réserve de sécurité), soit 65 litres pour chacun des 100 passagers pour un vol de 70 miles. Alors que ma question n’était que technique, Euria estime nécessaire de préciser les points figurant ci-dessous.

Chacun réalise donc qu’il s’agit d’une scandaleuse absurdité écologique, mais également – à en croire Euria – d’une absurdité économique.

Mais, de surcroit, les passagers lyonnais ne gagnent pas une minute grâce à ce vol. En effet, du point de vue des Lyonnais volant vers Addis-Abeba (ou des Addis-Abebiens volant vers Lyon) l’horaire prévoit un écart de 1h45 dû à l’escale à Genève, soit 15 minutes de plus que le temps de trajet en car entre les deux aéroports. Autrement dit, il serait plus économique, plus écologique et plus rapide d’alterner les vols entre Genève et Lyon et d’offrir aux passagers de chaque ville le transfert en car direct entre les deux aéroports s’ils désirent voyager le jour où l’avion part de l’autre ville.

Cela peut être considéré comme anecdotique au regard des milliers de vols quotidiens, mais cela fait la démonstration que des considérations de prestige (il faut que telle ville soit intégrée au réseau de ma compagnie) ou de monomanie aérienne (on préfère faire Lyon-Genève en avion qu’en car, même si on perd du temps) guident des décisions aux effets dramatiques sur des bases complètement irrationnelles.

Je vais déposer un question écrite au gouvernement demandant quelles sont ses possibilités d’action pour que pareil scandale cesse, évidemment sans grand espoir, vu les majorités politiques en place…

  1. « Voisin » est loin d’être un terme galvaudé, lorsque l’on sait que 95 km séparent les deux aéroports alors qu’il est fréquent que deux aéroports desservant la même ville soient distants de plus de 80 km: Paris-Orly et Paris-Beauvais, Londres-Gatwick et Londres-Luton, Milano-Malpense et Milano-Orio al Serio, Frankfurt Flughafen – Frankfurt Hahn etc… ↩︎

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